Aigues-Mortes : hôtel Logis
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Nos mémoires d’écoliers associent automatiquement certains lieux à certains personnages. Ainsi en est-il d’Aigues-Mortes, dont l’évocation fait immédiatement surgir saint Louis et ses fameuses croisades (qui lui coûteront la vie). Sorte de ville nouvelle de l’époque, surgie du néant par la volonté royale, dominant de ses murailles la petite Camargue, Aigues-Mortes offre un des ensembles d’architecture médiévale les mieux conservés de France. Ville marquée par l’empreinte des croisades, c’est aujourd’hui une station touristique où il fait bon se promener pour pénétrer son passé, sa culture taurine, sa gastronomie, et son environnement. Sans oublier les célèbres salins, produisant cet « or blanc des mers » qui fait la réputation de la ville depuis l’Antiquité.
Situation
Contrairement à l’idée qu’on pourrait s’en faire, si Aigues-Mortes fut le « port » d’embarquement pour les croisades, ce n’est pas une ville côtière. Capitale de la petite Camargue – délimitée à l’ouest par l’étang de l’Or et à l’est par le petit Rhône aujourd’hui endigué –, elle dresse sa masse impressionnante au fond d’un golfe ensablé envahi par les salines et les oiseaux. 6 kilomètres la séparent de la station balnéaire la plus proche : Le Grau-du-Roi. Située à 41 kilomètres au sud de Nîmes, la ville est distante d’une cinquantaine de kilomètres d’Arles au nord-ouest, et de 33 kilomètres de Montpellier à l’ouest.
Environnement naturel
La cité est posée au milieu d’un paysage d’étangs, de salines, de marais et de canaux qui lui donnent son caractère unique et fascinant. La petite Camargue constitue un milieu, appelé par les naturalistes « zone humide » qu’anime une vie végétale et animale remarquablement variée. Les roselières qui entourent les marais et les étangs (peuplés de carpes, de sangres ou encore de reinettes) abritent hérons cendrés ou pourprés et autres butors… Si certains hommes ont jadis fui ces terres de marais autrefois insalubres, d’autres se mobilisent aujourd’hui pour sauver ce patrimoine naturel.
Histoire
La ville aurait été établie par Marius Caius aux environs de 102 avant Jésus-Christ. Mais il faudra attendre l’an 791 pour que, sous l’impulsion de Charlemagne, une première tour, la tour Matafère, soit installée dans ce petit hameau entouré de marais, terre de pêcheurs et de sauniers. En cas de danger, il était alors possible d’alerter la fameuse tour Magne… à Nîmes. La tour Matafère, ouvrant l’œil sur l’Orient et à vocation guerrière, fut très vite léguée à des bénédictins dont les incessantes psalmodies, de jour et de nuit, firent désigner leur couvent du titre de Psalmody ou Psalmodi.
C’est au XIIIe siècle, sous l’impulsion de Louis IX, qu’Aigues-Mortes va prendre son essor. Le roi de France ne possède alors aucun port sur la Méditerranée. La Provence dépend de Raymond VII, allié du Saint Empire romain germanique, Marseille est à Charles d’Anjou, et Montpellier appartient au roi d’Aragon ! Or il faut faire face aux menaces musulmanes sur les possessions franques d’Orient. Saint Louis décide donc de créer de toutes pièces une ville au milieu de cet environnement insalubre. Il rachète le tout petit hameau d’Aigues-Mortes (Aigues signifiant eaux, le nom fait référence au marais) aux bénédictins. Pour attirer les habitants, Louis IX leur accorde maints privilèges. C’est un succès : on estime alors la population des Aigues-Mortais à environ 15 000 personnes (le double d’aujourd’hui !).
C’est en 1272 que Philippe le Hardi, fils de saint Louis, entreprend la construction des remparts qui encerclent toujours Aigues-Mortes. Il en confie la réalisation à un certain Guillaume Boccanegra, aïeul du fameux Simon, dont Verdi fera le héros de son opéra éponyme. La ville prospère encore quelques années, mais l’annexion de la Provence en 1482 donnant la prééminence au port de Marseille, puis la création du port de Sète, en 1666, lui portent le coup de grâce. Aigues-Mortes oublie alors ses ambitions portuaires, se concentrant sur l’exploitation des salins, et sur la mise en valeur de son patrimoine culturel.
Patrimoine architectural
Une tour des remparts permet de découvrir la ville, avec de belles perspectives sur le chenal maritime (aujourd’hui port de plaisance) et les salins. Les noms évocateurs de ces murailles, des portes et des tours permettent d’imaginer aisément l’organisation de la cité au XIIIe siècle. La tour de Constance, élevée à l’emplacement de l’ancienne tour Matafère, fut prison royale en plusieurs sinistres occasions. On y enferma d’abord les Templiers, qui, après avoir prêté main-forte à saint Louis, furent arrêtés, persécutés et dépouillés par… son petit-fils, le « roi de fer », avec la complicité du pape. Puis vinrent les protestants pendant les guerres de Religion, et surtout les protestantes après la révocation de l’édit de Nantes. La plus célèbre, Marie Durand, y survécut 38 ans dans des conditions épouvantables.
Les chapelles des Pénitents gris et des Pénitents blancs ont été construites par deux confréries religieuses issues du Moyen Âge. La première comporte un retable en stuc de Jean Sabatier datant de 1688 où est représentée La Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. Dans la chapelle des Pénitents blancs, on admire particulièrement la fresque monumentale de Xavier Sigalon, qui évoque la descente du Saint-Esprit. L’église de Notre-Dame-des-Sablons, qui comportait une nef unique de style gothique au XIIIe siècle, a été dotée de deux nefs supplémentaires au XVIIIe siècle.
Produits du terroir
Célèbre pour ses asperges, et son vin des sables, Aigues-Mortes est avant tout la patrie du sel. Mais il ne faudrait pas oublier de goûter la fougasse d’Aigues-Mortes, saupoudrée de sucre glace et parfumée à la fleur d’oranger, ni les tellines (petits coquillages) que vous pourrez déguster place Saint-Louis à l’heure de l’apéritif, ou encore la rouille d’Aigues-Mortes (plat à base de poulpe et d’aïoli).
Promenades et randonnées
Ne manquez pas de prendre un verre ou de vous restaurer dans l’un des nombreux restaurants et cafés de la place Saint-Louis, joliment ombragée de platanes. Au centre s’élève une statue du souverain. Plusieurs visites guidées sont proposées par l’office de tourisme pour vous permettre de découvrir le riche patrimoine naturel environnant. Mais vous pourrez également effectuer des balades autour de la ville en VTT, 4 x 4, à cheval ou en bateau selon vos envies. Les plus courageux emprunteront les sentiers pédestres qui permettent de rejoindre La Grande-Motte par les portes du Vidourle ou d’explorer les marais au-delà de la tour Charbonnière plantée non loin de la commune de Saint-Laurent-d’Aigouze, qui protégeait jadis Aigues-Mortes de toute invasion terrestre.
Sports et loisirs
Une école de jet-ski et scooter des mers dispense des cours d’initiation sur un plan d’eau sécurisé. La base nautique d’Aigues-Mortes donne accès à la pratique du catamaran, du windsurf, du kayak de mer ou du stand-up paddle. Des cours et des stages y sont proposés. Le tourisme fluvial offre une occasion privilégiée de découvrir la région. Des bateaux empruntent les canaux de la petite Camargue pour une excursion commentée. Une halte est même prévue dans une manade de taureaux. Des croisières en péniche sont également proposées pour partir à la découverte de la faune et de la flore. Avec ses nombreux étangs, la région est un royaume pour les pêcheurs. Et pour contempler la région depuis les hauteurs, rien de tel qu’un baptême en hélicoptère.
Événements
Les événements culturels et artistiques ne manquent pas, en particulier l’été (musique, théâtre, spectacles historiques, expositions). Le plus connu est la fête du saint patron et fondateur, le bon roi Louis IX, qui se déroule traditionnellement fin août, mois durant lequel se tient également le festival de Théâtre historique. En juillet, les Nuits de Sel, festival de danse contemporaine, investit les remparts sud de la ville. En octobre, c’est le temps de la « foire ». Chaque jour, les gardians escortent les taureaux à travers la ville : spectacle garanti !
Marchés
Le marché se tient avenue Frédéric-Mistral le mercredi et dimanche matin.
Restauration
On pourra choisir entre la dégustation des plats traditionnels provençaux dans les restaurants de la ville ou opter pour un des commerces de restauration rapide.
Hébergement
Hôtels, chambres d’hôte, campings, locations, toutes les formules sont disponibles pour toutes les bourses. La ville offre aussi des possibilités de stationnement pour les camping-cars (y compris dans un petit ranch à 5 minutes de la ville !).