Val de Durance : hôtel Logis
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Territoire peuplé dès la préhistoire, la région de la Durance constitue une zone de passage naturelle entre le sud et le nord des Alpes dès l’époque gallo-romaine, sur le tracé de la voie Domitienne, entre l’Italie et l’Espagne. L’Escale est alors un port fluvial important sur la Durance, relativement navigable alors, bien que capricieuse. Les fouilles préalables à la mise en eau du lac de Château-Arnoux ont d’ailleurs mis au jour la plus importante série de bronzes antiques des Alpes-de-Haute-Provence. Au Moyen Âge, de puissants châteaux défensifs sont construits dans les villages qui deviennent tous importants à cette époque.
Une activité artisanale modeste se développe dans une région où l’élevage et l’agriculture trouvent des conditions favorables. La Durance achemine le bois coupé dans les Alpes par flottage. En mars 1815, Napoléon Ier, de retour de l’île d’Elbe, passe par Malijai et Volonne, désormais haltes touristiques le long de la route Napoléon (N 85). Lors de la Première Guerre mondiale, une usine de chlore est installée au pied du plateau de Saint-Auban. Elle devient un grand complexe de chimie au cours du XXe siècle et contribue de manière décisive au développement de Château-Arnoux-Saint-Auban, qui passe de 600 habitants au milieu du XIXe siècle à près de 5 000 habitants au début du XXIe siècle.
Le cours de la Durance est régularisé dans les années 1960, avec la création du barrage de Serre-Ponçon. En 1963, l’édification du pont-barrage de l’Escale crée une retenue d’eau de 200 hectares, bordée par Volonne, l’Escale et Château-Arnoux-Saint-Auban. Le lac renforce l’attrait touristique de la région, offrant une pause rafraîchissante lors de l’exploration des villages moyenâgeux baignés de soleil ; il constitue également une réserve ornithologique de grande qualité, fréquentée par près de deux cent cinquante espèces d’oiseaux.
À Volonne, Château-Arnoux-Saint-Auban et Malijai, de beaux châteaux sont aujourd’hui le siège des mairies. Celui de Volonne, construit dans la première moitié du XVIIe siècle, possède un bel escalier décoré de gypseries. Celui de Château-Arnoux, orné d’un escalier à vis en pierre remarquable, date du début du XVIe siècle. On dirait un palais Renaissance. Plus au sud, c’est dans le château de Malijai, édifice régulier à la façade symétrique, construit en 1771 et abritant une collection de gypseries de style Louis XVI, que Napoléon Ier passa la nuit du 4 au 5 mars 1815, de retour de l’île d’Elbe. Ganagobie est quant à elle célèbre pour son plateau, où fut construit vers le Xe siècle un prieuré clunisien.
Le château de Peipin, blotti autour de son église, qui conserve une exceptionnelle vierge à l’enfant de 1730 du faïencier marseillais Joseph Fauchier, a en revanche été détruit à la Révolution. Une chapelle de style roman et un pigeonnier s’élèvent à son emplacement, au milieu des oliviers, en haut de la butte qui surplombe le village. Peyruis a lui aussi vu son château féodal être démantelé à la Révolution. D’importants vestiges, notamment de l’enceinte, dominent le village. Le village ancien conserve de beaux témoignages de maisons de la fin du XVe siècle avec fenêtres à meneaux, ainsi que six fontaines d’eau potable qui contribuent au charme de Peyruis.
Revenons sur la rive gauche de la Durance, à Volonne, qui serre ses maisons moyenâgeuses au pied d’un rocher escarpé sur lequel se dressent deux tours : un pan de mur pour la tour du Guet, ancienne forteresse du XIIIe siècle, tandis que la tour de l’Horloge est en contrebas. L’église Saint-Martin, grande et dépouillée, témoigne du premier art roman méridional. À l’Escale, toute proche, l’église Notre-Dame-de-Mandanoïs et le pigeonnier datent du XIXe siècle. En revanche, sur l’autre rive, à Mallefougasse, entourée de maisons de pierres sèches, l’église Saint-Jean-Baptiste, surmontée d’une tour-clocher ajoutée au XIIe siècle, constitue un autre témoignage rare du premier art roman, du XIe siècle.
La cuisine provençale et ses parfums ensoleillés sont à toutes les tables et sur tous les marchés : pour accompagner l’agneau des Alpes-de-Haute-Provence, les légumes sont privilégiés, qu’ils soient accommodés en ratatouille ou en petits farcis arrosés d’huile d’olive. La tapenade, une purée d’olives vertes ou noires, d’anchois et de câpres, est indissociable de l’apéritif. Herbes aromatiques telles que le thym et le romarin, confiseries à base d’amandes, miel de lavande et miel toutes fleurs de Provence font aussi partie des produits du terroir les plus fameux.
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