Saint-Antoine-l’Abbaye et son pays : hôtel Logis
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Aux confins de la Drôme et de l’Isère, le plateau de Chambaran déroule de douces ondulations jusqu’aux rives de l’Isère. Sur ces terres boisées, les rivières ont creusé d’agréables vallons où se nichent de jolis villages. Saint-Antoine-l’Abbaye, qui compte parmi les joyaux du patrimoine rhônalpin, rayonne sur ce splendide petit pays au riche potentiel touristique. Cerise sur le gâteau, le pays Antonin est l’un des plus beaux belvédères qui soit sur les falaises du Vercors.
Situation
Le plateau de Chambaran et le pays Antonin couvrent sur une trentaine de kilomètres les collines qui surplombent la rive droite de l’Isère, 50 kilomètres avant sa confluence avec le Rhône. L’altitude n’y dépasse guère 600 mètres, favorisant la douceur du climat même en hiver. À mi-chemin entre Grenoble et Valence (50 km), ces paysages constituent un trait d’union entre les Alpes, la vallée du Rhône et le Midi. D’ailleurs, tendez bien l’oreille en été : les cigales ne sont pas rares…
Environnement naturel
Découpé en lanières par les vallées de la Joyeuse, du Furand ou encore de la Savasse, le plateau de Chambaran est une mosaïque verdoyante alternant boisements et pâturages. Hêtres, châtaigniers et chênes constituent les essences principales, mais des résineux ont été introduits lors des reboisements menés ces dernières décennies. Des chemins de crêtes et des routes sinueuses peu fréquentées sillonnent ces paysages paisibles avec, en arrière-plan, le décor toujours grandiose des falaises du Vercors.
Niché dans une forêt de 7 000 hectares, le parc de Chambaran couvre lui-même 310 hectares. Depuis 1996, cette ancienne propriété familiale est devenue une réserve animalière ouverte au public. Près de 14 000 visiteurs viennent chaque année y observer la faune sauvage – sangliers, cerfs, mouflons et chevreuils par centaines évoluent en totale liberté. Le vol des grands rapaces rappelle également la proximité des massifs montagneux. Plus de 40 kilomètres de sentiers pédestres permettent d’explorer le parc en toute tranquillité et d’aller à la découverte des espèces végétales.
Histoire
Aujourd’hui comme hier, rien ne vient troubler la quiétude des lieux. Il est vrai que si les terres de Chambaran n’ont guère attiré les populations, c’est parce qu’elles étaient difficiles à cultiver. D’ailleurs, le mot Chambaran signifierait à l’origine « champ bon à rien »… Pour favoriser l’exploitation du plateau, le dauphin Humbert Ier accorde même en 1294 par une charte la liberté et la propriété aux serfs qui viennent défricher les bois.
Ces terres dauphinoises relativement isolées ont été très tôt choisies par les communautés religieuses pour installer abbayes et prieurés. Mais au Moyen Âge, le pays Antonin est aussi une terre de passage que traversent soldats, marchands et pèlerins. Abbatiales, églises et châteaux rappellent cette riche histoire.
Classé monument historique en 1946, le village de Saint-Antoine-l’Abbaye est l’une des pièces maîtresses du patrimoine architectural rhônalpin. C’est l’abbatiale fondée au XIIe siècle par l’ordre des antonins qui est à l’origine du développement de ce petit bourg. L’abbaye et ses dépendances forment alors un quartier à part entière, séparé des quartiers civils par la porterie de l’Abbaye, toujours en place.
Au Moyen Âge, les corporations se regroupent par rue : la rue Haute rassemble ainsi apothicaires et médecins – Jérôme de Monteux, médecin personnel de François Ier y a sa maison –, la rue Basse réunit artisans, menuisiers et laboureurs, tandis que les tanneurs occupent les rues proches de la rivière. Des ruelles étroites, ou goulets, relient entre eux les principales artères du village. Totalement préservées, maisons de maître en pierre blanche du pays, places et ruelles pavées laissent imaginer aujourd’hui encore ce que fut le mode de vie des villageois durant les siècles passés.
Patrimoine
La façade majestueuse de l’abbatiale de Saint-Antoine domine de toute sa hauteur le village. Elle a été édifiée entre les XIIe et XVe siècles par les moines de l’ordre hospitalier des antonins. Ses bâtiments hébergeaient les pèlerins venus profiter du pouvoir de guérison miraculeux des reliques de saint Antoine l’Égyptien (IIIe-IVe siècles) rapportées de Constantinople au XIe siècle.
Classée monument historique depuis 1840, l’abbatiale est remarquable pour son architecture gothique et ses vastes volumes : à l’intérieur, les voûtes du vaisseau s’envolent à 22 mètres de hauteur ! Peintures murales, tapisseries d’Aubusson et boiseries forment un riche décor. Le trésor conservé dans les sacristies rassemble des vêtements liturgiques, des reliquaires et des orfèvreries hors du commun ou encore un Christ en ivoire du XVIe siècle. Face à la nef, l’orgue du XVIIe siècle est un instrument splendide qu’il faut voir, mais surtout entendre, lors des concerts régulièrement donnés dans les lieux.
Au-dessus du village de Bessins, l’abbaye cistercienne de Chambaran, fondée dans la deuxième moitié du XIXe siècle, accueille également les visiteurs. Les moniales sont réputées pour le fameux fromage à pâte cuite qu’elles fabriquent depuis 80 ans.
Pour mieux connaître l’architecture romane de la fin du XIIe siècle, visitez la petite chapelle de Saint-Jean-le-Fromental au-dessus du village de Dionay. Protégée par le statut de monument historique depuis le début du XXe siècle, elle est blottie entre deux tilleuls trois fois centenaires.
Sur les hauteurs de Saint-Bonnet-de-Chavagne, le château de l’Arthaudière a été édifié au Moyen Âge et régulièrement remanié jusqu’au XIXe siècle. Toutefois les principaux aménagements apportés aux XVe et XVIe siècles (portique sculpté et jardins en terrasse) en font avant tout un superbe témoignage de l’architecture de la Renaissance.
Sur la même commune, la maison forte du Châtelard (XIVe siècle) est une ferme fortifiée dominée par une grosse tour. Elle se trouve au bord de l’étang Maurice-Dumoulin, un plan d’eau réservé à la pêche. D’autres petits châteaux fortifiés de ce type s’élèvent encore à Montluisant, Le Golard ou Chevrières. Les passionnés des vieilles pierres pourront en admirer les extérieurs, avec discrétion toutefois car il s’agit de demeures privées.
Ne manquez pas, dans les environs, des villages moins connus, mais tout aussi charmants. Près de Saint-Lattier, qui se situe sur une ancienne voie médiévale, s’élève une motte castrale (monticule de terre vieux de 1 000 ans au moins, sur lequel on bâtissait les tout premiers châteaux forts en bois ou en pierre), appelé le « Pain de sucre ». Murinais a aussi sa motte castrale, le « Tombeau du Gaulois ». Le hameau des Grandes Cottes, près du village de Dionay, a conservé une ferme traditionnelle dont l’un des bâtiments date de 1460.
Montagne vaut le détour pour son point de vue superbe. L’église et le château de Chevrières méritent également qu’on s’y arrête. Enfin, le château de Pupetières, à Châbons, restauré en 1861 par Eugène Viollet le Duc dans un style néogothique, témoigne ce que fut la renaissance des arts décoratifs au XIXe siècle.
Musées
Saint-Antoine-l’Abbaye compte deux musées intéressants : le Musée départemental et le musée de la Taille de pierre.
Aménagé dans l’ancien noviciat de l’abbatiale de Saint-Antoine-l’Abbaye (le bâtiment où les novices étaient préparés à la vie religieuse), le Musée départemental propose une exposition permanente sur la vie du lieu à l’époque médiévale. Des expositions temporaires permettant de mieux connaître l’abbaye et l’ordre hospitalier des antonins sont aussi organisées régulièrement. On peut également y admirer les paysages peints par Jean Vinay (1907-1978), artiste natif de la région.
À travers maquettes, gravures, outils et machines, le petit musée de la Taille de pierre évoque le travail des centaines de tailleurs de pierre qui ont construit l’abbatiale de Saint-Antoine-l’Abbaye. Il est installé dans un atelier-école qui forme les tailleurs de pierre d’aujourd’hui.
Artisanat et produits du terroir
Objets en terre vernissée, meubles en bois, vente de mohair, pierres sculptées… Le village réunit plusieurs artisans dont le travail témoigne de savoir-faire très anciens. La plupart de leurs boutiques se situent sur la belle allée arborée qui mène à l’abbaye.
La miellerie-hydromellerie de Saint-Antoine-l’Abbaye regroupe plus de trois cents ruches. Les deux apiculteurs qui s’en occupent quotidiennement se feront un plaisir de vous faire déguster leurs productions.
Couronnée par une Appellation dorigine contrôlée (AOC) en 1938, la noix de Grenoble pousse sur les bords de l’Isère, de la Savoie jusqu’aux limites de la Drôme. Elle se décline en plusieurs variétés telles que la franquette, la mayette ou la parisienne. Avec ses cent cinquante mille noyers, son Grand Séchoir et sa fête de la Noix, la petite ville de Vinay fait figure de capitale de ce fruit. Ces bons produits se retrouvent un peu partout chez les commerçants et sur les étals des marchés du pays Antonin.
Petits carrés de pâte farcis de comté, de fromage blanc, de persil et d’œufs, les ravioles de Royans sont connues dans la région depuis le Moyen Âge. Leur fabrication est désormais industrielle, mais tous les fabricants apportent une vigilance extrême à leur préparation. Les ravioles sont traditionnellement cuites au bouillon de poule.
On ne présente plus le saint-marcellin, délicieux petit fromage à base de lait de vache. Sous sa croûte fleurie, sa pâte molle et crémeuse révèle une saveur douce. Il porte le nom d’un petit village situé à une dizaine de kilomètres seulement de Saint-Antoine-l’Abbaye. Nombreux dans la région, les producteurs vont d’ici peu voir leur savoir-faire récompensé avec l’attribution d’une AOC.
Sur les tables de la région, vous trouverez aussi des plats mijotés au vin de noix, des fritures de poissons de rivière (omble, truite), des cuisses de grenouille ou des plats de gibier en sauce…
Sports et loisirs
Gorges, cascades, torrents et prairies ensoleillées, points de vue étourdissants sur les massifs et les richesses architecturales de la région… Dans tout le pays Antonin, plusieurs sentiers thématiques ont été aménagés.
Pour découvrir la région de Chambaran, on peut emprunter le Chemin secret de Gargamelle, dont le nom poétique cache de belles surprises paysagères… En famille, découvrez aussi la faune et la flore locales à la Combe de la Châtaignière. Autre site à découvrir en famille, les Sablières des Cumerts : ces anciennes carrières ont été colonisées par le guêpier d’Europe, oiseau coloré venu d’Afrique centrale, et par plusieurs autres espèces remarquables. Enfin, à pied ou à VTT, prenez le temps de parcourir la voie du Tram : ce parcours original suit sur 10 kilomètres l’ancienne voie ferrée qui relia Saint-Marcellin à Lyon de 1897 à 1937.
Entre les villages de Murinais et de Chevrières, un chemin pénètre dans les terres à la rencontre des châteaux et maisons fortes de la région. La découverte du patrimoine religieux est au cœur de l’itinéraire baptisé « compagnons de pèlerinage », entre Saint-Antoine-l’Abbaye et Dionay, mais aussi du « tour des Chapelles », qui relie la chapelle Sainte-Philomène à la chapelle Saint-Pierre.
Les reliefs peu escarpés du pays Antonin se prêtent volontiers à la randonnée, y compris avec de jeunes enfants. Des parcours VTT et équestres ont également été mis en place sur plusieurs dizaines de kilomètres.
Rivières et étangs sont fréquentés par les pêcheurs à la ligne tandis que le lac de Roybon a été aménagé pour la baignade.
Pour faire plaisir à toute la famille, rien de tel qu’une petite visite au parc Miripili. Dans un décor de champignons et d’insectes géants, il propose aux enfants de nombreuses activités (cirque, marionnettes, jeux, découverte des animaux de la ferme). À la belle saison, le parc organise aussi des spectacles vivants.
Événements
Toute l’année, expositions, concerts et brocantes rythment la vie de Saint-Antoine-l’Abbaye. Durant les mois de juillet et d’août, l’abbatiale de Saint-Antoine-l’Abbaye accueille trois festivals. Textes en l’air est dédié au théâtre contemporain, à la poésie, à l’écriture et à la chanson traditionnelle. Le festival de Musique sacrée, organisé par l’association des Amis de l’orgue de Saint-Antoine-l’Abbaye, met à l’honneur le bel instrument de l’abbatiale.
Restauration
Auberges de campagne et restaurants gastronomiques vous proposeront de déguster les spécialités locales. Laissez-vous tenter par la marcelline (un feuilleté au saint-marcellin), par la raviole sous toutes ses coutures, ou encore par le célèbre gratin dauphinois. Et pour un petit creux ou clore un repas en beauté, vous avez le choix entre différents gâteaux aux noix.
Vous voulez manger sur le pouce ? Une pizzeria, un établissement de restauration rapide et un restaurant asiatique vous attendent à Saint-Antoine-l’Abbaye.
Hébergement
Hôtels, chambres d’hôte, appartements meublés, gîtes, campings… Le pays Antonin met à votre disposition de nombreuses formules d’hébergement à choisir en fonction de votre budget et de vos envies.
Plusieurs structures sont dédiées à l’accueil des pèlerins, car Saint-Antoine-l’Abbaye se situe sur l’un des chemins empruntés depuis des siècles pour aller de Genève au Puy-en-Velay, point de départ du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.