En plein bocage normand, l’agglomération de Saint-Lô, préfecture du département de la Manche, est traversée du nord au sud par la vallée de la Vire, parfois encaissée, mais toujours accueillante à la détente et aux loisirs. Centre d’un pays d’élevage, où les troupeaux de vaches laitières et de chevaux sont relayés par un secteur agroalimentaire de poids, Saint-Lô est aussi une ville qui, malgré les épreuves parfois douloureuses que l’histoire lui a imposées – ainsi les destructions en 1944 –, a pu conserver les éléments forts de son patrimoine.
Situation
Au centre de la presqu’île du Cotentin, l’agglomération de Saint-Lô se déploie autour d’une boucle de la Vire jusqu’aux portes du parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin. Le territoire, composé de onze villes et villages, est parfaitement desservi grâce à deux axes rapides (autoroute A 84 et RN 13), permettant d’accéder aux portes nord et sud de Saint-Lô, et une grande voie de circulation nord-sud (RN 174). Saint-Lô est ainsi à 50 minutes de Caen, 1 heure de Cherbourg et 1 heure 30 de Rennes.
Environnement naturel
Paysages de bocage propices à l’élevage, vertes vallées où affleurent des rochers : l’agglomération de Saint-Lô est implantée sur une colline dominant la Vire. L’érosion a transformé la montagne en un relief vallonné aux douces ondulations ; les roches dites métamorphiques (gneiss, grès, schistes) qui ont servi à la construction des villages pointent dans la vallée de la Vire. Au nord, le massif laisse place à la plaine alluviale de la Douve et de la Vire, qui serpentent à travers les marais du Cotentin et du Bessin.
Histoire
Saint-Lô est connu pour être Briovère à la période gauloise. C’est au VIe siècle que la ville prend le nom de l’évêque de Coutances, saint Laud. Le IXe siècle est marqué par le début des incursions des peuples bretons et surtout scandinaves (les Vikings ou Normands) ; malgré les fortifications que Charlemagne fait construire sur l’éperon dominant la Vire, ces derniers ravagent plusieurs fois Saint-Lô, notamment en 890. À la suite de plusieurs traités et de conquêtes territoriales, les Normands s’implantent définitivement dans la région au Xe siècle.
Maintes fois assaillie par les souverains d’Angleterre et de France, jusqu’à ce qu’elle se rende à Philippe Auguste et intègre le royaume de France, Saint-Lô connaît au Moyen Âge une prospérité qui fait d’elle la troisième ville de Normandie. La guerre de Cent Ans puis les guerres de Religion causent de nouvelles destructions, mais c’est la révocation de l’édit de Nantes (1685) qui nuit le plus à Saint-Lô. Ainsi, bien que centre de foires agricoles importantes et préfecture de la Manche, à partir du XIXe siècle, Saint-Lô, enclavée, connaît une assez longue période d’effacement.
Occupée par les Allemands le 17 juin 1940, Saint-Lô, position stratégique après le Débarquement du 6 juin 1944, est libérée le 18 juillet après avoir été massivement bombardée par les Alliés : un millier de morts et 95 % du bâti détruit. L’après-guerre est consacré à la reconstruction ; il faudra plusieurs années avant que les baraquements abritant provisoirement les habitants ne disparaissent. Parmi l’architecture de béton apparaissent ça et là quelques édifices anciens non détruits. Plus récemment, les bords de la Vire ont été réaménagés, les espaces naturels et le chemin de halage mis en valeur.
Patrimoine
Les remparts du XVe siècle ont été en partie épargnés par les bombardements de 1944. Ponctués de plusieurs tours (tour de Beaux Regards, de la Poudrière…), ils entourent le promontoire sur lequel Saint-Lô a été construite. L’église Notre-Dame, édifice gothique élevé du XIIIe au XVIe siècle, fut détruite à 50 % en 1944. Restaurée après-guerre, elle a conservé une chaire extérieure de style gothique flamboyant. En tout cas, les combats qui se sont déroulés après le débarquement de juin 1944 ont profondément marqué le paysage urbain de Saint-Lô. L’itinéraire de la Libération permet de découvrir quinze sites qui honorent la mémoire des combattants et des habitants, et en particulier la chapelle de la Madeleine, dédiée aux soldats américains qui ont libéré Saint-Lô.
Le musée des Beaux-Arts de Saint-Lô possède une belle collection de tapisseries anciennes, dont la remarquable tenture des Amours de Gombault et de Macée (XVIe siècle), tandis que le musée du Bocage normand, dans la ferme de Boisjugan, présente le patrimoine rural traditionnel de la région. Enfin, Saint-Lô est également célèbre pour son haras national, le plus important de France. Construits en 1886, les locaux actuels accueillent une centaine d’étalons de différentes races. Le haras de Saint-Lô organise des visites du site, des animations, des balades en calèche, des ateliers pédagogiques et, le jeudi, un spectacle. En août, le Normandie Horse Show est un grand rendez-vous de réputation internationale pour le monde équestre, avec des concours d’obstacles, des ventes et diverses animations.
Produits du terroir
Cidre et calvados sont des produits typiquement normands, traditionnellement fabriqués autour de Saint-Lô, de même que les produits laitiers : crème fraîche, beurre, fromage blanc, yaourts… L’agglomération saint-loise appartient d’ailleurs à la zone de production du camembert AOC (Appellation d’origine contrôlée). Autre spécialité locale, l’andouille de Vire est, selon la recette traditionnelle, d’abord salée, fumée, dessalée puis enfin cuite 6 heures à l’eau. La teurgoule est un riz au lait à la cannelle onctueux et crémeux, qui se mange accompagné de cidre et de la falue, brioche sucrée à la crème fraîche. Les pommes accompagnent souvent boudin, andouille et volailles.
Espaces verts
L’agglomération de Saint-Lô est un havre pour les espaces verts et la nature. Outre la vallée de la Vire à parcourir à pied, à VTT ou à cheval sur les chemins de halage entre Saint-Lô et Beaudre, Saint-Lô regorge de parcs pour randonner ou se détendre. Le vallon de la Dollée est aménagé dans ce but, avec un sentier de randonnée et un parcours sportif, au départ du centre-ville. Autour des remparts s’étend le jardin public. Un dernier parc de plus de 11 hectares s’étire entre le musée du Bocage normand et le centre aquatique.
Sports et loisirs
Sur la Vire, vous pouvez faire du canoë-kayak, vous embarquer pour une promenade fluviale à bord d’une gabarre, embarcation traditionnelle, ou même pêcher. À Condé-sur-Vire, la base de loisirs de l’Écluse propose des activités telles que le canoë, le VTT, la randonnée, le tir à l’arc et l’escalade sur un mur artificiel. Non loin de là, ceux qui préfèrent l’escalade en site naturel apprécieront les roches de Ham, bel escarpement qui domine la Vire de plus de 80 mètres.
Les amateurs de golf trouveront un green à leur goût à Saint-Lô. Avec ses tyroliennes, son parcours dans les arbres, ses aires de jeu et de pique-nique, l’accrobranche Mayya est un endroit agréable pour passer une journée ludique et sportive en famille. Outre plusieurs bassins dédiés à la natation, le centre aquatique du pays saint-lois comprend un espace forme avec sauna, hammam, jacuzzi, salle de cardio-training et de musculation.
Marchés
Le grand marché de Saint-Lô se déroule le samedi matin place du Général-de-Gaulle ; au même endroit se tient un marché alimentaire le vendredi matin.
Restauration
Les lieux où se restaurer ne manquent pas dans l’agglomération saint-loise, restauration traditionnelle ou rapide. Pour découvrir la cuisine normande, certains restaurateurs sont labellisés « Assiettes de pays », un moyen d’allier qualité, convivialité et gourmandise. Deux « Cafés de pays » permettent aussi de rencontrer les habitants, de découvrir des boissons de la région, voire d’assister à des concerts ou à d’autres manifestations.
Hébergement
Quelques hôtels, mais aussi des chambres d’hôte, des gîtes et des meublés de toute catégorie permettent de séjourner dans à Saint-Lô et dans les environs. Et pour goûter à la vie de château, le château-hôtel d’Agneaux propose ses chambres et ses salles.