Tarascon : hôtel Logis
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Il est des villes dont la célébrité est acquise ou amplifiée grâce à la littérature. Tarascon est de celles-là. Qui n’a pas lu ou, pour le moins, entendu la drolatique histoire de Tartarin de Tarascon, imaginée par Alphonse Daudet ? La lire ou la relire est une jolie manière de se préparer à une visite de ce chef-lieu de canton des Bouches-du-Rhône, limitrophe du Gard, dont il n’est séparé que par la largeur du Rhône. Tarascon est une porte d’accès vers la Provence arlésienne et la plaine de la Camargue.
Situation
Au sud d’Avignon dont elle est distante de 22 kilomètres, Tarascon est également très proche d’Arles (17 km), de Saint-Rémy-de-Provence (15 km) et de Nîmes (26 km). Un peu à l’écart de l’autoroute du Soleil, elle est cependant bien desservie par toute une série de grandes routes nationales et départementales. L’une des façons les plus faciles d’arriver à Tarascon est de passer par Beaucaire, dans le Gard, et de franchir le pont pour être accueilli par la formidable forteresse qui surplombe les eaux du Rhône, imposante sentinelle annonçant la cité où court encore la légende de la Tarasque.
Environnement naturel
Région jadis occupée par d’immenses étangs, la Crau était traditionnellement peu attirante. D’importants travaux d’irrigation lui ont donné un visage beaucoup plus séduisant. Les Tarasconnais tiennent à préciser que chez eux, la plaine n’est pas le seul horizon, puisque la ville regarde les Alpilles chères à Daudet et qu’elle est adossée à la Montagnette. Cette petite chaîne de collines s’allonge en direction d’Avignon et précède déjà les premiers reliefs des garrigues de Nîmes, dont elle n’est séparée que par le Rhône, à sa confluence avec la Durance.
Histoire
C’est un peu la légendaire Tarasque qui fait entrer la ville dans l’histoire. On raconte en effet qu’à son arrivée de Palestine, vers 48 apr. J.-C., après son débarquement aux Saintes-Maries-de-la-Mer, sainte Marthe réussit à dompter le fabuleux monstre qui surgissait du Rhône pour sévir dans la région où il réclamait, chaque année, son lot de jeunes gens qu’il entraînait dans sa grotte au-dessus du Rhône. On la situe sous le rocher où les Romains avaient édifié un castrum. Les habitants exterminent le terrible monstre, à peine entré dans la ville. De nos jours, une représentation de la Tarasque se trouve au centre-ville.
À partir de 500, date à laquelle Clovis retrouve la santé en priant sur le tombeau de sainte Marthe, alors qu’il assiège Avignon, la ville se voit dotée de privilèges qui lui restent durant les siècles suivants. Au XIe siècle, Tarascon acquiert une importance stratégique et économique de premier plan. Située à un point de passage sur le Rhône, la ville grandit et le roi de France Louis XI crée un chapitre royal en l’église Sainte-Marthe. Nobles, bourgeois et hauts dignitaires religieux s’y installent. On y bat monnaie et la population s’accroît nettement.
Les plus hautes autorités viennent s’agenouiller sur le tombeau de sainte Marthe. Tarascon rayonne culturellement grâce à la présence de grands artistes et intellectuels. Les pèlerinages se poursuivent malgré les incertitudes politiques, la peste et les aventures militaires. Au XVIIIe siècle, on compte 20 000 habitants et la ville s’agrandit, nécessitant l’extension des remparts. La Révolution se manifeste par la dissolution du chapitre royal. Le déclin se poursuit au XIXe siècle et la Seconde Guerre mondiale se solde par la destruction de près d’un quart des bâtiments, au cours des bombardements de juillet et août 1944.
En publiant, en 1872, Les Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon, Alphonse Daudet n’imaginait probablement pas que la cité en ferait son principal héros et qu’elle créerait une « Maison de Tartarin », rappelant la surprenante histoire de ce chasseur de casquettes – dans une zone où le gibier manquait notoirement – qui inventait de rocambolesques histoires dont il était le héros et au cours desquelles il se révélait un chasseur extraordinaire capable, entre autres, de terrasser les animaux les plus dangereux, comme par exemple, un lion. Marcel Pagnol en a fait un film avec Raimu dans le rôle de Tartarin.
Patrimoine architectural
Le château, chef-d’œuvre monumental de la ville, date du XVe siècle. Bâti à l’initiative de Louis II d’Anjou, il prend la place d’une précédente forteresse. Son fils, le roi René, comte de Provence et roi de Sicile, y séjourne à de nombreuses reprises. C’est lui qui fait achever les travaux. Ayant perdu son statut de résidence seigneuriale, il est transformé en prison du XIXe siècle jusqu’en 1932. Il est de nos jours l’un des plus beaux châteaux forts de France, qui frappe par sa puissance et la finesse de son architecture Renaissance. Très bien restauré, il se visite, tout comme le cloître des Cordeliers, place Frédéric-Mistral.
La collégiale Sainte-Marthe comprend une partie romane (XIIe siècle) dont on admire le portail et une partie gothique (XIVe siècle) comme le clocher et sa nef à cinq travées. On peut noter l’orgue, monument historique, dont la partie instrumentale date de 1484. Outre plusieurs abbayes (dont celle de Saint-Michel-de-Frigolet, au cœur de la Montagnette), chapelles et couvents, Tarascon est dotée d’un bel hôtel de ville à l’élégante façade sculptée du XVIIe siècle. Plusieurs hôtels particuliers de style complètent une visite de la ville qui peut s’achever par le musée Souleïado qui abrite la fabrique des fameux tissus provençaux Souleïado, réalisés à partir de planches à motifs du XVIIIe siècle.
Produits du terroir
Il était tout naturel que les principaux héros de Tarascon aient donné l’idée à des artisans locaux de fabriquer des produits portant leur nom. La tarasque, à l’effigie du monstre, est un biscuit à la crème fraîche, parfumé à l’orange, à la noisette ou au chocolat. Les tartarinades sont de petites cerises macérées dans l’alcool et enrobées de chocolat. On peut aussi trouver d’autres spécialités gourmandes à la pâtisserie La Tarasque, telles que les besuquettes de Tartarin et les délices de Tartarin.
Promenades et randonnées
Des chemins de randonnées pédestres et cyclistes sont aménagés selon différents itinéraires balisés pour découvrir la faune, la flore et les superbes paysages de cette région de la Provence. Une balade dans la Montagnette, au départ de l’abbaye Saint-Michel-de-Frigolet, mène à Boulbon en 1 heure de marche, sur une piste rocailleuse montant au milieu des chênes kermès. La vue s’étend sur les Alpilles, le mont Ventoux et le Luberon. La descente vers Boulbon se fait par le vallon Saint-Michel où le sentier s’encaisse parmi la végétation méditerranéenne.
Pour les plus courageux, la randonnée peut se poursuivre durant 3 heures en direction de l’abbaye Saint-Michel-de-Frigolet par San Salvador et les collines couvertes de garrigue, dans les senteurs de thym et de romarin. Des randonnées équestres sont conseillées vers la Montagnette ou le massif des Alpilles. Il faut aussi signaler les balades à bord des calèches de Balthazar qui empruntent plusieurs itinéraires (Montagnette, Arômes, Garrigue ou Félibres) avec récits sur l’histoire de la région, ses contes et ses légendes. Le parc naturel régional des Alpilles organise également des balades guidées et commentées.
Sports et loisirs
La région se prête parfaitement à la pratique de l’équitation, facilitée par l’existence de plusieurs clubs dans les environs. Les amateurs de baignades pourront profiter des installations de la piscine municipale et les joueurs de tennis se rendront au tennis club. Ceux qui veulent faire du canoë-kayak, de l’aviron, du jet-ski, du catamaran, de la voile, traverseront le pont pour se rendre à la base nautique de Beaucaire, comme ceux qui aiment le karting. Les grimpeurs pourront également pratiquer l’escalade. Enfin, les golfeurs devront aller à Arles, au Golf Club Maeva Camargue ou au Golf Club Lou Compact, à Barbentane.
Événements
En mai-juin, la foire aux Fleurs de Pentecôte lance la saison des festivités. À la fin juin, c’est le grand rendez-vous des fêtes de la Tarasque, avec défilés nautiques sur le Rhône, présentation de taureaux, courses dans les arènes. En juillet, se déroule le festival des Folklores du monde. En août, ce sont les « Nuits d’été », place de la gare, avec concerts, danses et spectacles divers et 4 jours de fêtes pour « La Médiévale ». Les amateurs de musique country se retrouvent à « Tarascountry ». Septembre-octobre est réservé à la foire traditionnelle et à la fête des Vendanges. En novembre, le marché aux Santons se double du marché de Noël.
Marchés
Le marché traditionnel de Tarascon se tient le mardi matin dans le centre-ville. Un marché bio est également présent le vendredi matin, place du marché.
Restauration
Les établissements de restauration de la ville sont très variés. On trouve aussi bien ceux qui proposent une cuisine traditionnelle et provençale avec les produits frais du marché, ceux qui utilisent un four à bois dans le cadre d’un bâtiment historique, ceux qui servent du taureau dAppellation dorigine contrôlée (AOC) ou de l’agneau des Alpilles… Les vacanciers plus pressés pourront choisir une pizzeria, une brasserie ou même une crêperie, sans oublier les glaciers.
Hébergement
Tarascon et ses environs sont dotés d’un ensemble d’établissements hôteliers de différents standings, des maisons d’hôte de tous types, des gîtes, des meublés de tourisme, des campings et même une auberge de jeunesse.